Il est des plaisirs simples, parfois. Parler à ma mère pendant plus d’une heure, sans qu’il n’y ait eu ni pleurs, ni frustrations, soupirs ou éclats de voix. Retrouver, enfin, cette complicité que j’ai longtemps rejetée, sans pour autant l’oublier. J’ai pris une longue goulée d’air, loin de cet amour qui m’étouffait tant, m’empêchant, je le croyais, de m’affirmer en tant que femme, puis mère. Je me trompais. C’est limpide, je sais à présent où je vais et je me demande si j’aurais pu nous éviter toutes ces années d’incompréhensions, à me battre pour imposer mes idées. Non, les enfants ne sont pas toujours source de conflits dans un couple, non maman, le monde n’est pas noir ou blanc, il est parfois gris, oui je crois qu’on peut m’aimer sincèrement pour ce que je suis, oui accorder sa confiance est essentiel, être trahie est un risque à prendre. J’ai ces certitudes -et bien d'autres, ancrées au fond de moi, et je n’ai pas besoin pour les appliquer de les défendre. En devenant mère, j’apprends à me faire confiance. C’est si bon. 

Elle m’a raconté son accouchement, mon arrivée, je me suis sentie proche d’elle, malgré les 7200 km et l'Océan, j’avais envie d’être dans ses bras, à nouveau son bébé, la respirer en l’écoutant nous raconter, et lui dire merci.