Mes larmes devant Baby-boom, mes larmes devant un texto insignifiant, mes larmes en pensant à lui, mes larmes quand je ne sais pas quoi faire avec ma mère. Mes larmes, mes larmes, mes larmes. Et son cou qui les recueille.

Etre raisonnable et se coucher à minuit. Regarder sur l’iPad l’Amour est dans le pré, version belge, répéter sans arrêt « Qu’est-ce qu’il a dit ? » parce que l’accent, bon, puis Toute une histoire, « Je ne suis pas un Apollon mais je plais aux filles ». Se moquer et rire aux larmes, encore, décidément. Et vite vite « Touche toi le cul » pour conjurer le sort, parce qu’on ne sait jamais, des fois qu’il soit roux et prétentieux.

Parler de Paris, de l’odeur du parquet, du nid qu’on avait construit, à coup de cuillères vertes en plastique offertes dans des paquets de céréales et de bols Monstres et Cie. Se souvenir de ma main dans la sienne, quand il faisait très froid rue Pigalle, puis ses mains dans mon dos pour m’empêcher de tomber dans le métro. Se sentir un peu en vacances, pas tout-à-fait chez nous mais se sentir si bien. « Peut-être la meilleure année de ma vie », m’a-t-il dit. Le pincement au cœur. Y en aura-t-il d’autres, des endroits bien à nous ? Se sentira-t-on tous les deux un jour aussi heureux ? Peut-être pas, mais ce bonheur nous l’avons partagé, nous l’avons dégusté. 6 heures du matin.

Je rêve d’un bébé, de l’autre côté de mon ventre mais rattaché à moi, qui dort encore. Il n’est pas encore né, il faut attendre son réveil pour qu’il découvre le monde. Mais je peux l’admirer, le regarder encore et encore, le prendre dans mes bras, le cajoler. Nous avons le même nombril. Alors c’est toi, que je croyais connaître mais qu'il va falloir apprendre à découvrir ?