« Votre corps travaille bien Madame, mais maintenant, il faut le laisser sortir, votre fils »

Ah ?

Bon.

Non, parce qu'il est bien, là, à l'intérieur de moi. Enfin, moi je suis bien. Lui, plus trop je crois. Et ça me fait pleurer. Même pas encore mère et déjà nulle. 

Alors aujourd'hui, j'ai eu le sentiment d'être complètement sonnée, des étoiles autour de la tête comme dans les dessins animés. Dormir, toujours. Et puis au réveil, ça m'a semblé moins terrible. J'ai réfléchi, un peu. Je crois que j'ai mis le doigt sur mon blocage. J'ai souri, et j'ai bu le chokola kréyol que ma mère me tendait. Je les ai regardés discuter tous les deux, j'étais bien.

Promis mon fils, j'essaie, je m'efforce. Mais tu sais, je viens à peine de m'en rendre compte, qu'il fallait que j'accouche. Moi, toi, tous les deux ensemble. Ca me semblait si irréel et puis si facile. Oui bien sûr ça fait mal, mais un enfant, c'est fait pour sortir du corps de sa mère. Sauf que sans moi tu n'y arriveras pas. Alors je vais essayer de t'aider, mais j'ai si peur d'échouer. Je suis si fière que tu aies choisi de rester jusqu'au bout sous mon nombril, et même un peu plus. Je suis si fère que tu pèses près de 4 kgs. Tout ce que je voulais. Mais maintenant, il faut se séparer.

Tu aurais pu naître aujourd'hui, je crois. Je n'avais qu'un mot à dire. Mais non. Je ne veux pas qu'on t'arrache à moi. Je veux être prête, je veux que tu le sois aussi. C'est tout un deuil qu'il faut que j'envisage et je n'appréhendais pas du tout l'accouchement comme une telle étape. J'ai trois jours, avant que l'on vienne te chercher.

 

 

Merci mes copines, réelles ou virtuelles, pour vos jolis mots, sur Twitter, ici ou ailleurs. Ca fait du chamallow à paillettes dans mon coeur.