Tu les as toujours, dis, les papillons dans le ventre ? Est-ce que tu les as déjà eus, au moins. Elle est si compliquée, notre histoire, il y a tant que je regrette d’avoir fait, et tant de n’avoir pas fait. Je ne t’ai pas quitté parce que je manquais de courage, et parce que j’avais une trouille bleue. Qui pourrait m’aimer ? Je ne voulais que toi, qui bien longtemps n’a pas su le faire. Et maintenant... Je me demande souvent à quoi ressemblerait ma vie si j’avais eu les couilles, ou un peu plus d’estime de moi. Je pense que je ne serais pas malheureuse, non (c’est drôle, j’avais écrit « serai », au futur donc, pas au conditionnel). Mais je suis là, avec toi, avec lui, et je suis heureuse.

Tu montres si peu que c’en est douloureux. Tu ne m’as pas aimée de la même façon que moi. J’écrivais ton prénom sur les tables de la fac, je le répétais à tue-tête tellement il me semblait magnifique. Je regardais tes vidéos sans cesse. Mon cœur pouvait sortir de ma poitrine tellement il battait fort. Et les fameux papillons. J’avais vingt ans, et si peu de vie derrière moi. Je t’ai aimée de la belle façon. Je t’ai apprivoisé et tu t’es assagi, je crois. Aujourd’hui on a trouvé un équilibre, fondé depuis le trois novembre sur notre fils. Ca me fait peur. Sommes-nous encore un couple ?

Je voudrais ta main sur ma peau, juste une caresse, prude, gratuite, sur mon bras ou un bout de cuisse, pourquoi pas ma joue, juste pour me voir fermer les yeux et sourire, je voudrais des « je t’aime » murmurés, des baisers dans le cou, je voudrais me sentir jolie, ne serait-ce que par un regard de toi. Je voudrais ton odeur dans mon nez. Il y a tant de choses en moi, je n’arrive même plus à les vomir. Toujours les mêmes. Et si, et si, mon amour ? Je ne suis pas certaine, tu sais, que tu as ce que tu as toujours voulu. Je ne suis pas certaine que ton amour pour moi soit aussi intense que celui que je te portais. Je ne suis pas certaine que mon amour pour toi soit aussi intense que celui que je te portais. Je t’aime si fort. Je ne suis pas à toi. Jamais. C’est ce qui nous détruit, cette certitude-là, tu le sais. Lis entre mes lignes, tu me connais.

Je voudrais Paris, l’ascenseur, le 5ème étage, le hall d’entrée et la concierge. Ou peut-être que je ne le veux même plus. Je voudrais des disputes, des assiettes brisées, des portes qui claquent, des coups et des bleus peut-être mais surtout pas, surtout pas ce silence.

Pardonne mes doutes. Mais ton silence.

Nous sommes

Si bons

Amis.