Les mots se bousculent dans ma tête. Bien peu franchissent ma bouche, presque tous s’entassent dans mon cœur. Il y a entre nous une telle évidence qu’il m’est devenu de moins en moins nécessaire d’exprimer ce que je ressens pour lui.

Je regarde les gens que j’aime réunis autour de lui. Tous ont vu leur vie bouleversée par la naissance d’Ange. Chacun à leur façon, ils l’accompagnent. Mon amour pour lui suffit à me combler bien sûr, mais celui que les autres lui portent me fascine et m’enchante.

Les vannes sont ouvertes. Mon fils a un an et je suis en larmes. Pas des sanglots tristes non, juste le contrecoup. J’ai encore du mal à prendre conscience que je suis maman, que je suis sa maman, et déjà il faut que je me mette dans le crâne qu’il a un an.

Je ne trouve pas que tout est allé trop vite, j’ai profité de chaque moment avec lui. Je lui ai donné, et je lui donne encore, tout mon temps, toute mon attention. Je ne regrette pas spécialement ses premiers mois, je les ai trouvé sereins et fabuleux mais chaque stade qu’il franchit est extraordinaire. Même s’ils sont plus agités !

Ce sont des larmes d’étonnement, de fierté et bon d’accord, un peu de nostalgie. Ce sont des larmes de faiblesse, de peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être une assez bonne maman pour un enfant si exceptionnel.

Il a fait pousser des cheveux blancs sur ma tête, à 25 ans ouais. Il a réveillé certaines douleurs en moi mais fait naître un bonheur incommensurable, une force que je n’aurais jamais soupçonnée et un amour infini, démesuré, inconditionnel.

Je suis fière de lui et le coeur gonflé d'amour, je lui dis merci d'avoir, le trois novembre deux mille douze à vingt-deux heures douze, changé ma vie.

Jamais je n'aurais pensé être émue à ce point par un vol d'oiseaux. Les étourneaux sont les mêmes, tu sais. Lève les yeux, ils t'accompagnent.

 

 

(ouais ouais copyright la photo Pauline <3)