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Pourtant ébranlé mon corps, émietté mon cœur, giflé mon visage, je crois bien ne plus avoir pleuré. J’ai absorbé les commotions, du mieux que j’ai pu, le regard cotonneux, le ventre caverneux.

Puis elle est partie et puis j’ai pleuré.

Elle y a réussi, à faire couler les larmes qui avaient déserté mes joues depuis la naissance d’Ange.

Des fourmis rampent sous mon cœur engourdi. Peu à peu, je retrouve des sensations. J’ai froid. Et la tristesse, le manque, la solitude, la frustration, un peu la colère aussi.

Grâce à elle, je me souviens que je suis vivante, et que j’ai le droit d’avoir mal.

Et ça coule, et ça coule. A fleur de peau, c’est tout nouveau.

Je dois accepter, de fermer la parenthèse de cette année pendant laquelle j’ai fait semblant de croire qu’elle allait rester toute sa vie ici, près de nous.

(A bientôt, ma reine.)

En dehors du départ de ma sœur, je me sens blessée trop souvent par l’homme que j’aime, je me sens engloutie, terrassée, envahie, noyée par ma mère, et je me dis qu’il faudrait que je me relève, sans l’aide de personne. Que ce serait marrant, un jour, comme ça, de me mettre à croire en moi.

 En attendant j’attends qu'il me dise que je suis jolie et je guette dans les yeux de mon fils mon reflet de maman.